La brillance d'un élément sur une image radar est fonction de la portion de l'énergie transmise qui retourne au radar à partir de la cible à la surface. La magnitude de l'intensité de cette énergie rétrodiffusée dépend de la manière dont l'énergie radar interagit avec la surface, en fonction de plusieurs variables ou paramètres. Ces paramètres incluent les caractéristiques particulières des systèmes radars (fréquence, polarisation, géométrie de visée, etc.) ainsi que les caractéristiques de la surface (type de couverture, topographie, relief, etc.). Puisque plusieurs de ces caractéristiques sont intereliées, il est impossible de séparer leurs contributions individuelles à l'apparence des éléments sur les images radars. Des variations de ces paramètres peuvent avoir un impact sur les résultats et peuvent influencer les autres paramètres, affectant la quantité rétrodiffusée. Ainsi, la brillance d'un élément sur une image est habituellement une combinaison de plusieurs de ces variables. Mais, pour les besoins de notre discussion, nous pouvons regrouper ces caractéristiques en trois catégories qui contrôlent fondamentalement l'interaction énergie/cible des radars. Ces catégories sont :
Une surface est considérée "lisse" si la variation verticale est beaucoup plus
petite que la longueur d'onde du radar. Lorsque la variation verticale est de
l'ordre de la longueur d'onde, la surface apparaît rugueuse. Donc, une surface
donnée apparaît plus rugueuse lorsque la longueur d'onde diminue, et
plus douce lorsque la longueur d'onde augmente.
Une surface lisse
(A) engendre une réflexion spéculaire de l'énergie incidente (généralement dans la direction opposée au capteur) et en conséquence, seule une petite quantité d'énergie
retourne au radar. Les surfaces lisses apparaissent comme des régions en tons plus
sombres sur une image. Une surface rugueuse (B) réfléchira
l'énergie dans toutes les directions (il y aura diffusion), et une partie
importante de l'énergie sera rétrodiffusée vers le radar. Les surfaces
rugueuses apparaîtront donc en tons plus clairs sur une image. L'angle
d'incidence, en combinaison avec la longueur d'onde, joue aussi un rôle
important dans la rugosité apparente d'une surface. Pour une longueur
d'onde et une surface données, la surface apparaîtra plus lisse à mesure que
l'angle d'incidence augmente. Donc, en s'éloignant à travers le couloir de la
portée proximale à la portée distale, une moins grande quantité d'énergie retournera au capteur et l'image sera plus sombre.
Nous avons déjà abordé la relation existant entre l'angle d'incidence et la géométrie de visée et de la manière dont les changements de cet angle affectent le signal retourné au radar. Cependant, pour comprendre la relation entre la surface (géométrie, rugosité et humidité) et la tonalité de l'image, l'utilisation de l'angle d'incidence local est plus appropriée.
L'angle d'incidence local se définit comme étant l'angle mesuré entre le faisceau radar et la normale à la pente au point d'incidence (A). Ainsi, l'angle
d'incidence local tient compte de la pente locale du terrain par rapport au
faisceau du radar. Pour un terrain plat, l'angle d'incidence local est identique
à l'angle de visée (B) du radar, ce qui n'est pas le cas en terrain accidenté.
En général, les pentes faisant face au radar auront un petit angle d'incidence
local causant un fort signal rétrodiffusé vers le capteur, ce qui résulte en une
tonalité plus brillante sur l'image radar.
Comme le démontre le concept de l'angle d'incidence local, la relation entre la géométrie de visée et de surface joue un rôle important dans la manière dont l'énergie interagit avec les cibles et leur brillance sur une image. Des variations dans la géométrie de visée accentueront et augmenteront la topographie et le relief de différentes manières, comme par exemple, divers degrés de repliement ou d'ombrage (section 3.4) peuvent se produire selon la pente de la surface, son orientation ou sa forme.
La
direction de visée du radar décrit l'orientation du
faisceau radar par rapport à la direction ou l'alignement des éléments de la
surface. La direction de visée peut influencer d'une manière significative
l'apparence des éléments sur une image radar, surtout les grands
éléments linéaires (tels que des champs de culture ou des
chaînes de montagnes). Si la direction de visée est presque perpendiculaire
à l'orientation de la structure (A), une large portion de l'énergie incidente
sera réfléchie vers le capteur et cette structure apparaîtra en tons plus brillants. Si la
direction de visée est plus oblique par rapport à l'orientation de l'élément
(B), une moins grande quantité d'énergie sera retournée au radar et cet élément apparaîtra en tons plus sombres. La direction de visée est importante pour augmenter le
contraste entre les différents éléments sur une image. Il est important d'avoir la
bonne direction de visée dans les régions montagneuses afin de minimiser le
repliement et l'ombrage. L'acquisition d'images provenant de directions de
visée différentes peut améliorer l'identification des éléments à l'aide de
différentes orientations relatives au radar.
Les éléments qui ont des surfaces plutôt lisses formant un ou plusieurs angles droits, peuvent former un
réflecteur en coin si les coins font face à la direction générale de l'antenne du radar. Une surface à
angle droit force l'énergie du radar à être rétrodiffusée directement vers
l'antenne à cause d'une double (ou multiple) réflexion. Les réflecteurs en coin
aux formes angulaires complexes sont fréquents en zone urbaine (par
exemple les bâtiments et les rues, les ponts et autres structures fabriquées
par les humains). Des réflecteurs en coin naturels peuvent aussi exister, tels
que des amas de roches, des falaises ou de la végétation croissant verticalement dans l'eau. Dans tous les cas, les réflecteurs en coin demeurent des
cibles brillantes sur une image, tels les bâtiments et les autres structures
faites par l'homme dans
cette image radar d'une ville.
La présence (ou l'absence) d'effets d'humidité change les propriétés électriques d'un objet ou du médium. Des changements des propriétés électriques influencent l'absorption, la transmission et la réflexion de l'énergie des hyperfréquences. Donc, le taux d'humidité influencera la façon dont les cibles et les surfaces réfléchissent l'énergie provenant d'un radar, ainsi que leur apparence sur une image. En général, la réflexivité et la brillance d'une image s'accroissent avec l'augmentation du taux d'humidité. Par exemple, les surfaces telles que le sol et les couvertures végétales apparaîtront plus brillantes mouillées que sèches.
Quand une cible est mouillée, la diffusion provenant de sa partie supérieure (diffusion de surface) est le procédé de diffusion dominant. Le genre de réflexion (allant de spéculaire à diffuse) et la magnitude dépendent de la rugosité apparente du matériel balayé par le radar. Si la cible est très sèche et que la surface semble lisse, l'énergie radar peut être capable de pénétrer sous la surface, selon qu'elle soit discontinue (forêt avec feuilles et branches) ou continue (sol, sable ou glace). Pour une surface donnée, les longueurs d'onde plus longues peuvent pénétrer plus profondément que les longueurs d'onde plus courtes.
Si l'énergie radar réussit à pénétrer à travers la partie supérieure de la
surface, il se produit un phénomène de diffusion volumique. L'
énergie radar diffusée dans un volume ou médium est constituée de réflexions provenant des différentes composantes (ou des diverses couches) à l'intérieur du volume. Par exemple, dans une forêt, la diffusion peut provenir des feuilles au sommet des arbres, des autres feuilles et des branches en dessous, ainsi que des troncs et du sol. Une diffusion volumique augmente ou diminue la brillance d'une image, selon la quantité d'énergie diffusée à l'extérieur du volume en direction du radar.
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